CARACTERISTIQUES DU VAL D’OUZOUER – ST BENOIT

DESCRIPTION DU VAL 

Situé en rive droite de la Loire, le val d’Ouzouer d’une superficie de 6 600 ha s’étend sur 22 km de longueur, d’Ouzouer sur Loire à Chateauneuf sur Loire. Sa largeur moyenne est de l’ordre de 3 km, avec des élargissements dépassant 5 km. Le réseau hydrographique du val est constitué par la Bonnée et ses affluents qui descendent en grande partie de la forêt d’Orléans. 

La Bonnée est canalisée sur la plus grande partie de son cours et de large section. Elle est protégée contre le remous de la Loire par un petit ouvrage antiretour. Son ancien bras, la Ronce, dispose également d’un tel dispositif de protection. Ces ouvrages jouent leur rôle pour les petites crues, de fréquence inférieure à la décennale. 

Occupation des sols : 

Les communes de Bonnée, Germigny des Prés, St Benoit sur Loire et St Père sur Loire sont inondables en totalité. Une partie des communes d’ Ouzouer sur Loire, les Bordes, Bray en Val, St Aignan des Gués, St Martin d’Abbat et Chateauneuf sur Loire est également vulnérable 

Par rapport à d’autres zones agricoles du département, ce val est relativement peuplé. Toutefois, à l’exception des principales localités, l’habitat est très dispersé. Quelques commerces, moyennes surfaces et entreprises sont implantés à St Père sur Loire. Les cultures spécialisées (primeurs) occupent une part importante du val  ainsi que des activités agroalimentaires dérivées (conditionnement). 

OUVRAGES DE PROTECTION 

Le val d’Ouzouer est protégé par une levée de 22 km de long ouverte à l’aval sur 1,5 km au débouché de la Bonnée. Cette levée n'est pas submersible pour des crues du type de celle de 1856. Elle a été récemment renforcée sur presque toute sa longueur par la mise en place d’un « masque drainant » du coté du  val. 

A l’amont, un déversoir a été construit en 1886 à l'endroit où s'étaient produites des brèches lors des grandes crues de 1846, 1856 et 1866. Il a une longueur totale de 878 m dont 800 m au niveau du seuil. Il est  surélevé d'un cordon de terre (banquette fusible) d’une hauteur de 1,20 mètres environ.

RISQUE D’INONDATION 

Tout le val, hormis quelques terrains sur la commune de St Père sur Loire, a été submergé au siècle dernier lors des crues de 1846, 1856 et 1866, de nombreuses brèches s’étant ouvertes dans la levée. Les niveaux maximums atteints aux échelles de crues étaient les suivants : 

Année

Débits maximaux
au m3/s

Hauteur maximale de la Loire aux échelles de crues en métres

Gien

St Père sur Loire
ZO=111,16
Chateauneuf s/L
ZO=102,65

1846

7100 6,49 7,10

1856

7200

7,20 7,18

1866

7200

6,90 7,30

1907

4100

5,86 5,52


De nos jours, l’inondation du val débute par l’aval pour les crues de fréquence décennale. Cette inondation est limitée, la Bonnée et le bras de Ronce étant munis de dispositifs anti-retour efficaces jusqu’à environ 3000 m3/s en Loire soit justement le débit de fréquence décennale. Pour des crues plus importantes, de période de retour 15 à 20 ans, les surfaces inondées par le remous de la Loire dans la Bonnée deviennent beaucoup plus importantes. 

Le déversoir d'Ouzouer se met en fonctionnement pour un débit en Loire de 5300 m3/s environ, soit une crue de fréquence centennale écrêtée par le barrage de Villerest, par débordement au-dessus de la banquette fusible entraînant sa rupture. L'inondation reste toutefois limitée aux secteurs dans le prolongement du déversoir et le long de la Bonnée. 

Au delà, pour une crue de fréquence 200 ans, le débit passant par dessus le déversoir augmente et l'inondation gagne tout le val, à l'exception des secteurs proches de la Vieille Bonnée, entre Saint Père et Saint Benoît sur Loire. Des brèches apparaissent alors dans la levée et aggravent l'inondation.

CARACTERISTIQUES DU VAL DE SULLY SUR LOIRE

DESCRIPTION DU VAL 

Situé en rive gauche de la Loire, le val de Sully sur Loire, d’une superficie de 1500 ha, s’étend sur 12 km de Lion en Sullias à Sully sur Loire. Sa longueur moyenne est de l’ordre de 1,2 km s’élargissant à 2 km au milieu du val. 

Les communes concernées sont, d’amont en aval : Lion en Sullias, St Aignan le Jaillard et Sully sur Loire. 

Le réseau hydrographique est constitué par la Sange et les fossés s’y jetant. 

Au niveau de l’occupation du sol, deux parties sont à distinguer : la partie à l’amont de la ville de Sully, totalement agricole (seuls sont situés dans le val quelques hameaux des communes de Lion en Sullias et St Aignan le Jaillard) et la partie urbanisée (correspondant aux 250 ha du centre de Sully), les deux étant séparées par le parc du château  et sa digue.

OUVRAGES DE PROTECTION 

Le val est protégé de son extrémité amont jusqu’à la Sange par une levée de 12,4 km de longueur. Le débouché de la Sange en Loire, à l’amont immédiat du château de Sully, est muni d’un ouvrage anti-retour. Le parc du château est protégé par une digue transversale du reste du val. Le bourg est protégé par une levée ouverte à l'aval s'interrompant juste après le pont SNCF.

RISQUE D’INONDATION 

La totalité du val et une partie du centre ville de Sully-sur-Loire ont été inondées lors des crues de 1846, 1856 ou 1866, par suite de nombreuses brèches dans la levée ou par débordement direct au droit de Sully-sur-Loire. 

De nos jours, en cas de fermeture de l’ouvrage anti-retour c’est à dire dès la crue quinquennale en Loire, la Sange inonde la partie du val située à l’amont du château car les eaux ne sont pas évacuées en Loire. Pour une telle crue, ce phénomène reste limité. 

Le quartier de St Germain en aval du pont sur la Loire commence à être inondé à partir d’une crue cinquantennale environ, par débordement direct de la Loire. La crue d'octobre 1907 a ainsi légèrement inondé ce quartier. 

Pour une crue de même importance que celle de 1856 dans les conditions d’aujourd’hui, la plus grande partie du centre ville de Sully-sur-Loire serait inondée à partir du quartier St Germain . 

Le val de Sully, à l’amont du château, serait inondé en cas de rupture de la levée. Cette rupture devient quasi certaine pour la crue de période de retour supérieure à 500 ans, une surverse étant à prévoir dans la partie amont de la levée.